On pensait avoir touché le fond avec l’ex ministre Amélie Oudéa-Castéra et le scandale du collège Stanislas mais il faut croire que l’enseignement catholique nous réserve de nouvelles surprises. Le scandale de l’établissement Betharram à Pau, couvert a priori par l’actuel premier ministre, montre bien que l’enseignement privé et celleux qui le protègent n’ont pas les mêmes valeurs que l’éducation nationale publique. Et la défense pitoyable du premier ministre François Bayrou n’est pas à la hauteur des sévices subis par des dizaines d’enfants, centaines peut-être. La FSU proposera aux autres OS et associations de parents d’élèves de réfléchir à des initiatives et des modalités permettant à terme la nationalisation l’enseignement privé.
Le CSE s’est prononcé pour le programme d’Éducation à la Vie Affective, Relationnelle et à la Sexualité le 30 janvier dernier avec 60 voix pour (dont celles de la FSU) et 0 contre. Ce programme ambitieux est indispensable : c’est un levier essentiel pour favoriser la connaissance et l’estime de soi, les relations saines et faire reculer les violences sexistes et sexuelles, les violences intrafamiliales comme les discriminations de genre. Les chiffres relatifs aux violences sur les enfants, dont ceux que nous venons de citer, jusqu’aux témoignages des personnels face aux manques criants depuis la loi de 2001 instaurant trois séances d’éducation à la sexualité par an et par niveau, tout montre l’urgence de ce programme.
La FSU a donc travaillé en responsabilité ces derniers mois pour que le programme aboutisse, y compris par un travail d’amendements au CSE (29 repris sur 50) pour aboutir à un vote pour. La FSU salue le dialogue constant et ouvert qui s’est noué autour de ce programme qui est protecteur pour les élèves, pour les familles et qui sera un véritable outil pour les personnels. Il vous revient maintenant, Madame la Rectrice, de faire en sorte que ce programme s’applique partout dès la rentrée. Et donc que soit dès maintenant, organisée une solide formation des personnels sur le temps de service avec notamment des échanges entre pairs. Celle-ci ne pourra se résumer à quelques modules en ligne. Il est nécessaire d’engager les moyens suffisants notamment en personnels sociaux et de santé tant pour la mise en œuvre de ces programmes que pour répondre à la libération de la parole qu’ils susciteront immanquablement. Le dernier rapport caché de l’éducation nationale produit par les centres Hubertine Auclert, concernant les violences de genre au collège et au lycée, montre à quel point il est urgent d’agir et de former les personnels pour éduquer et protéger les filles et les élèves LGBTQIA+.
C’est d’autant plus important que des nouvelles attaques, des mensonges voire des inepties de la
fascho-sphère concernant le programme d’Éducation à la Vie Affective, Relationnelle et à la Sexualité circulent à nouveau dont une journée de retrait des enfants de l’école le 10 mars prochain.
Même si l’on peut espérer qu’iels ne soient pas aussi nombreuses et nombreux qu’iels le prétendent,
cette dérive réactionnaire favoriser y compris par des élu·es ou des ancien·nes ministres, doit toutes et tous nous interpeller. C’est pourquoi la FSU vous demande à nouveau de communiquer en direction des personnels pour les soutenir et si localement des parents avaient des doutes de communiquer avec elleux pour les rassurer.
La publication du rapport de la Cour des Comptes apporte un cinglant démenti aux élucubrations du Premier ministre, tout en confirmant que les discours alarmistes du gouvernement Borne pour justifier la réforme de 2023 étaient hors de propos. Alors que le gouvernement cherche à s’appuyer sur le rapport pour défendre la réforme des retraites de 2023, la FSU réaffirme l’urgence de son abrogation.
Dans le même temps, en Conseil Commun de la Fonction Publique, les organisations syndicales représentatives ont voté unanimement contre deux projets de texte achevant de décliner pour l’ensemble des agent es publics le mauvais coup fait aux fonctionnaires ⋅ par le gouvernement dans la loi de Finances pour 2025 : réduire à 90 % la rémunération maintenue en cas d’arrêt maladie.
Pour la FSU, ce nouveau recul des droit des fonctionnaires est inacceptable, cette mesure s’ajoute au jour de carence déjà existant ainsi qu’à une longue série de dégradations salariales pour les personnels de la Fonction publique : gel du point d’indice et décrochage organisé des rémunérations. Désormais ce sont les personnes malades qui sont sanctionnées. En pleine crise d’attractivité des métiers de la FP, cette mesure est injuste et irresponsable. A l’inverse, nous exigeons que soit rapidement discutée la perspective d’une loi de Finances rectificative pour le retour à 100 % de la rémunération en congé maladie, et pour créer les conditions budgétaires d’une revalorisation des carrières et des rémunérations. Ce ne serait que la juste reconnaissance du travail des agent⋅es publics, qu’ils ont exigée par la grève le 5 décembre dernier.
La place de l’extrême droite dans les démocraties grandit et le score de l’AFD en Allemagne hier est tout aussi inquiétant que l’alliance Trump/Musk. Pour la FSU, c’est par une éducation réductrice des inégalités de classe, de genre et de race et émancipatrice que les obscurantismes reculeront. Ce sont les démocraties qui sont attaquées par l’ED mais aussi par un patronat aux mains du libéralisme toujours plus proche de bafouer nos droits et nos libertés pour faire toujours plus de profits. La lutte contre l’internationale fasciste, le RN et ses affidés doit être notre priorité car nous devons, nous, organisations syndicales défendant l’émancipation des peuples et l’accès aux services publics quelque soit son origine, combattre ce fléau. Et les discours nauséabonds gouvernementaux ne feront pas taire la voix de la FSU qui poursuit son combat contre les idées fausses voir mensongères sur les migrant·es, les réfugié·es et l’ensemble des personnes racisées. La FSU sera présente le 22 mars dans la rue contre le racisme. Si les populations racisé·es sont menacées, les droits des femmes le sont tout autant quand on écoute les discours réactionnaires d’une frange conséquente de politiques.
Le 8 mars sera l’occasion de rappeler nos revendications pour les droits des femmes travailleuses, chômeuses, sans emploi ou retraitées. Car rien n’est jamais donné, rien n’est jamais acquis pour l’égalité salariale, pour le temps de travail choisi, pour une retraite décente, pour prendre le temps de vivre. Si le monde du travail est attaqué, les femmes, celles de l’éducation nationale, en payent encore plus le prix car elles occupent des emplois moins rémunérés, plus précaires, subissent les temps-partiels, les violences sexistes et sexuelles… Êtes-vous en mesure de dresser un bilan des mesures du plan égalité femmes/hommes déployé académiquement ? C’est pourquoi la FSU appelle à la réussite des manifestations qui auront lieu partout dans notre région.
Pour en arriver au sujet qui nous réuni aujourd’hui, la question des ressources humaines et de leur gestion, pour la FSU le constat est celui-ci : vous produisez une feuille de route qui manipule les missions des personnels dont vous disposez faute de moyens supplémentaires pour faire face aux besoins. Or, les personnels de l’académie montrent déjà des conditions de travail en tension voire en souffrance. Face aux besoins de formation, les propositions vont dans le bon sens mais ne peuvent bénéficier qu’à une infime partie des personnels faute de moyens pour autoriser les départs en formation avec remplacement et un temps dédié. Concernant la RH de proximité, là encore sur le papier les propositions semblent attractives, mais qu’ont ils réellement à proposer aux personnels souhaitant voir évaluer leur carrière ou sortir d’une situation de condition de travail intenable ? Finalement pas grand chose. Les collectifs de travail sont mis à mal partout par les pressions hiérarchiques, l’égalité professionnelle y compris face aux missions proposées avance à pas de fourmi, les personnels sur les lieux de travail font sans cesse remonter des fiches RSST faisant état de conditions de travail qui justement ne leur permettent plus de fournir un travail qu’elles et ils estiment de qualité et qui impactent leur santé. Pour la FSU, l’éducation nationale manque définitivement de moyens et ce n’est pas en raclant les fonds de tiroir que vous parviendrez à transformer la situation.